À la recherche des principes d’une psychothérapie des psychoses (Bonneval) : 15th April 1957 : Serge Leclaire

by Julia Evans on April 15, 1957

Published

i. L’Evolution psychiatrique 2 (1958): 377-419.

ii.  p81-122 of Leclaire, Serge. Diableries 1955-1994, Vol. 2 of Écrits pour la psychanalyse. Paris: Le Seuil/Arcanes, 1998. 

Available www.LacanianWorksExchange.net   /authors a-z or authors by date

Cited by Jacques Lacan

p72 of Cormac Gallagher’s translation of  The Direction of the Treatment and the Principles of its Power:10th-13th July 1958 : Jacques Lacan or here     as Reference  [19]  

Note : Jacques Lacan makes no further reference to this paper beyond the footnote.  So I have reversed this citation.  The following quotes are where Serge Leclaire refers to Jacques Lacan. Now it is my opinion, that you are all more expert at translating via Google translate, than I.  If anyone is prepared to do a proper translation I would love to see it, as this seems a most interesting paper. 

p86 : …nous proposons au contraire d’envisager ces deux catégories de l’imaginaire et du symbo­ lique comme constitutives de l’expérience de la réalité. Sans prétendre trancher ici d’un problème philosophique, il est donc nécessaire que nous précisions en quelques mots l’usage que nous faisons habituellement, à la suite de J. Lacan, de ces deux termes avant de remettre en question notre proposition. 

L’expérience du réel suppose l’usage simultané de deuxfonctions cor­rélatives, la fonction imaginaire et la fonction symbolique.

Est “imaginaire” tout ce qui, comme l’ombre, n’a aucune existence propre, et dont cependant, à la lumière de la vie, on ne saurait concevoir l’absence ; tout ce qui, sans pouvoir de distinction, noie la singularité, échap­ pant ainsi à toute emprise véritablement rationnelle ; est imaginaire ce qui s’oppose irrémédiablement ou se confond indistinctement sans aucun mou­ vement dialectique ; est imaginaire le rêve… tant qu’il n’est pas interprété. 

Est “symbolique” tout ce qui n’a en soi aucune valeur autre que celle d’indiquer le joint, le lien (conformément à la valeur étymologique du mot) et la “place”; c’est le signe plus, ou moins, le chiffre, c’est le trait d’union, la virgule, le mot sans même qu’il soit un nom. La formule algébrique illustre bien le niveau symbolique dont il s’agit, ce qui, en soi-même, n’a aucun sens, mais le donne à tout le reste. 

Il serait vain de croire pour autant que l’imaginaire ou le symbolique puissent évoluer pour leur propre compte, qu’il existe quelque plan imagi­ naire ou symbolique à l’état pur, si ce n’est peut-être, précisément, dans la psychose. 

p87 : Sans même nous référer au monde de la psychose, la distinction que nous proposons à la suite de J. Lacan nous a déjà rendu d’appréciables ser­ vices au niveau de la pratique quotidienne de la psychothérapie des névroses. Il nous est même apparu que c’est d’une confusion habituelle entre l’imaginaire et le symbolique dans l’appréhension du réel que résul­ tent beaucoup de difficultés techniques et théoriques rencontrées en psy­ chanalyse ; nous nous sommes consacré à ce problème particulier dans notre précédent essai critique. 

p98 : De même, et à un niveau d’analyse moins littérale, on peut dire que pour Schreber — si nous considérons avec J. Lacan qu’est première chez lui la question de la procréation et de la fonction du père dans celle-ci — nous pouvons dire que le signifiant «père »semble ne répondre chez lui à aucun signifié, à aucun concept, ce qui n’empêche pas qu’il peut employer le mot de façon apparemment pertinente. Le signifiant père prend alors indûment la valeur de signe en tant qu’il est mis en circulation dans le discours, mais sa véritable valeur en l’occurrence est d ’indiquer l’absence, le manque du signifié ou conceptpère : c’est ainsi tout au moins qu’il conviendrait de com­ prendre le langage du délirant dans sa dimension proprement pathologique. 

p101 : Disons tout de suite que le problème ainsi soulevé, “qui parle à qui ?”, ne saurait se concevoir sans l’appoint d’une étude visant à situer plus précisément les rapports du sujet à la communication par excellence que sont le langage et la parole. Un tel souci, fondamental à notre sens, constitue l’essence même du travail qui se poursuit sous l’impulsion et la direction de J. Lacan. C’est à ses travaux les plus récents[1]qu’il nous faut ici renvoyer le lecteur soucieux de reconnaître le progrès que constitue dans l’étude des rapports du sujet au langage la distinction, au sein de ce monde de signification, de ses éléments que sont le signifiant et le signifié. 

Le problème de la communication ne pourra, en dernière analyse, que s’éclairer en rapport avec une étude approfondie de la structure du signi­fiant, dont la chaîne symbolique centre véritablement tout dialogue. 

Mais pour en revenir à notre question, remarquons que l’intersubjecti- vité est devenue un lieu commun des discours sur la psychanalyse ; de ce fait, ce que cette notion recouvrait de vérité nécessaire s’est bien vite estompé dans une confusion voilée par ce mot suggestif. Nous tenterons donc, à la suite de J. Lacan, de reprendre l’étude de la relation entre deux sujets avec ce qu’elle comporte d’irréductible et d’ambigu, car il est bien certain qu’en dehors du monde psychotique la relation ne s’établit jamais véritablement entre deux, mais entre trois sujets ; c’est l’âme du complexe d’Œdipe et le fondement rationnel de la relation du même nom, mais nous ne saurions ici nous étendre sur ce point qui relève plus particulièrement de l’étude des névroses. 

[1]  La Psychanalyse, n° 3, PUF, Paris, 1957. “L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis Freud “.  [See The Agency (Insistence or Instance) of the Letter in the Unconscious or Reason since Freud (Sorbonne, Paris) : 9th May 1957 : Jacques Lacan or here]  
— Séminaire, Sainte-Anne, 1957-1958, Les formations de l’inconscient. Compte rendu par J.-B. Pontalis, Bulletin depsychologie. [This is the annual summary of Seminar V : The Formations of the Unconscious : 1957-1958 : begins 6th November 1957 : Jacques Lacan or here]

— La Psychanalyse, n° 4, PUF, Paris, 1958. 

p103 : qu’il ne sache pas ou ne reconnaisse pas son dire ne signifie pas pour autant qu’il ne comprenne pas ce qui est ainsi articulé. Pas plus qu’il ne peut reconnaître vraiment comme sien son discours dont il dit alors qu’il lui est suggéré, imposé, transmis à distance par exemple, pas plus qu’il ne peut, en dehors de toute interprétation projective de ce type, assumer simplement en tant que sujet certaines des paroles qu’il articule, pas plus ne peut-il accorder à la mesure de la subjectivité de l’autre les paroles qui lui sont adressées par son interlocuteur”..[I] 

[I.] L’état actuel des recherches de J. Lacan sur la structure du signifiant doit per­mettre de présenter bientôt une analyse plus précise de ces phénomènes halluci­ natoires. Ddistingue en un schéma exemplaire (voir Séminaires, compte rendu par J. -B. Pontalis, dans le Bulletin de psycbobgié) deux états du signifiant : la “chaîn du significant” constituée au niveau des phonèmes, et le “cercle du discours” consti­tué par des sémantèmes. Il peut ainsi mieux différencier et situer le message et le code, de même qu’il indique sans équivoque le “lieu de la métaphore” et “l’objet métonymique”. Normalement le message doit être authentifié au niveau symbo­ lique du code. Or la fonction symbolique du père est avant tout liée à cette fonc­ tion de gardien de la loi et dépositaire du “trésor significant”. La prise en considé­ ration de ce défaut d’authentification au niveau symbolique doit pouvoir aider à tendre compte de ces messages toujours plus ou moins inachevés que forment les “voix“. 

p105 : En une formule plus brève on pourrait dire avec J. Lacan que le délirant “est parlé” mais qu’il ne parle plus.

p109 : C’est sa propre réponse à l’interrogation subie par lui-même d’un manque vécu, c’est sa propre réponse qu’il nous propose par sa vie délirante, qu’il nous expose ainsi, sans plus la remettre en cause, mais en s’en servant au contraire comme du fruit d’une expérience estimable. Comme le dit J. Lacan : “La question psychotique n ’est ouverte à aucune composition à proprement parler dialectique”; ou encore : “La question est posée de notre propre fait, de notre propre perplexité devant la réponse que le psychotique nous propose » pour reprendre une formulation de F. Perrier [1}”.
Le problème de savoir comment répondre à la question psycho­tique change alors de sens et devient : comment retraduire en question la réponse psychotique, comment faire rentrer dans un mouvement dia­lectique ce qui se présente justement comme étant en dehors de toute dialectique? 

[1]  Symposium sur le problème de la psychose. Société française de psychanalyse, 24 février 1957. 

p110 : en recourant à un concept freudien communément ignoré) mais dont on trouve cependant l’indication majeure dans l’étude de l’hal­lucination du doigt coupé de l’homme aux loups, le concept de « Verwerfung », rejet, forclusion, ainsi que le traduit J. Lacan, distingué du concept de refoulement névrotique ou “Verdrängung “. 

& p111 :

p112 : il n’en reste que des traces énigmatiques d’ailleurs pour les sujets : quelques contusions et le fait d’être à l’hôtel. Or ce qui réapparaît dans la réalité fantasmatique du délire c’est justement l’oi­ seau, c’est-à-dire d’une certaine façon «l’hirondelle »qui avait constitul le centre de l’expérience non intégrée, le signifiant escamoté, le sym­bole refoulé indépendamment de ses corrélations imaginaires Selon une formule de J. Lacan, nous pouvons dire que c’est ce qui avait été rejeté de l’ordre symbolique, à savoir le signifiant pourtant connu “hirondelle”, qui réapparaît au cours du délire, dans le réel ou tout au moins sur un mode d’expérience de la réalité tel que nous l’avioBÉ défini dans notre premier paragraphe, à savoir d’une réalité marqué du sceau de l’imaginaire et privée de toute dimension véritablement symbolique. 

& p118 in Dr Green’s comments on Leclaire’s paper.

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Julia Evans

Practicing Lacanian Psychoanalyst, Kent & London

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